L'heure dorée
Le ciel était nuageux quand je suis sorti de chez moi, en fin d'après-midi.
Puis le soleil a glissé sous les nuages.
Sous cette passerelle passait une voie ferrée, il y a 100 ans.
Vue sur le Mont Bouquet. On devine le village de Brouzet-les-Alès, à droite.
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Le voici, avec ses trois clochers : de gauche à droite celui du temple,
celui du beffroi municipal et celui de l'église (qui vient d'être restaurée).
Un peu plus au Nord, le village de Navacelles.
Il y a de nombreux mûriers dans la campagne par ici.
Leurs feuilles ont servi pour nourrir les vers-à-soie jusque vers 1930.
Ils ne sont plus entretenus et certains sont envahis de lierre.
Les vieux troncs ont éclatés mais tiennent bon et supportent de grandes branches.
Autrefois, les branches étaient coupées pour favoriser la cueillette des feuilles.
Cela donnait à ces arbres leur silhouette "têtard", comme ici.
On est dans le Midi. Un vieil amandier.
Dans deux mois, il sera blanc de fleurs et sentira le miel.
L'heure est vraiment dorée dans le feuillage des chênes.
Et même sur les vieux cyprès noirs qui nous font lever la tête.
Il a beaucoup plu. Les ruisseaux habituellement secs sont pleins d'eau.
Je viens de finir de relire Regain, de Jean Giono,
écrit en 1930 à Manosque.
"Elles sont allées près du ruisseau. Il était tout emmoustaché d'herbes sales et grognon parce que les pluies lui ont donné pas mal d'eau. Alors il se plaint. Il se plaint de graisse. Il n'est jamais content. L'été il est là à gémir qu'il va mourir, et puis... c'est toujours comme ça les ruisseaux".
Jean Giono, Regain (Grasset, 1977), p. 178
Les Plans (30), le 3 décembre 2025
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