Lozère (2)
Col Salidès, 1014 mètres.
La route est étroite. Rien n'arrête le vent.
Là, passe une draille qui amène les troupeaux
aux lieux d'estive.
Dans la vallée, au bord du Tarnon,
quelques rares maisons encore habitées.
Une bergerie ?
Nous sommes derrière le Mont Aigoual.
Au-dessus du col, les Cévennes s'élèvent encore un peu.
Vers le Nord, la can de l'Hospitalet. C'est un petit causse.
Le 23 septembre 1689 (4 ans après la Révocation de l'Edit de Nantes),
une assemblée protestante importante s'y est réunie clandestinement,
convoquée par le prédicant François Vivent et le pasteur Claude Brousson.
François Vivent sera tué à St Sébastien d'Aigrefeuille le 19 février 1692.
Claude Brousson sera roué vif à Montpellier le 4 nov. 1698.
Vue vers le Nord-Est, le coeur des Cévennes,
et la vallée Borgne qui descend vers St André-de-Valborgne
et St Jean-du-Gard.
Les routes ne sont pas larges.
Celle-ci amène à la colonie de la Bécède et à Aire de Côte,
ou à Cabrillac, au flanc Nord du Mont Aigoual.
Derrière les hêtres,
le village de Bassurel.
Bassurel ?
Oui, 62 habitants.
Avant la Révolution française,
le village s'appelait Saint Martin-de-Campselade.
Pendant la Guerre des Camisards (1702-1710),
la population participera aux combats
du Plan de Fontmort et de Saumane.
Que ferions-nous, aujourd'hui ?
Entre le col Salidès (48) et St André de-Valborgne (30), 27 novembre 2022
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La Cévenole
Salut montagnes bien aimées,
Pays sacré de nos aïeux.
Vos vertes cimes sont semées,
De leur souvenir glorieux.
Élevez vos têtes chenues
Espérou, Bougès, Aigoual.
De leur gloire qui monte aux nues,
Vous n’êtes que le piédestal.
Redites-nous, grottes profondes,
L’écho de leurs chants d’autrefois ;
Et vous, torrents, qui, dans vos ondes,
Emportiez le bruit de leur voix.
Les uns, traqués de cime en cimes,
En vrai lions surent lutter ;
D’autres - ceux-là furent sublimes -
Surent mourir sans résister.
Ô vétérans de nos vallées,
Vieux châtaigniers aux bras tordus,
Les cris des mères désolées,
Vous seuls les avez entendus.
Suspendus aux flancs des collines,
Vous seuls savez que d’ossements
Dorment là-bas dans les ravines,
Jusqu’au grand jour des jugements.
Dans quel granit, ô mes Cévennes,
Fut taillé ce peuple vainqueur ?
Quel sang avaient-ils dans les veines ?
Quel amour avaient-ils au cœur ?
L’Esprit de Christ était la vie
De ces pâtres émancipés,
Et dans le sang qui purifie
Leurs courages étaient trempés.
Cévenols, le Dieu de nos pères
N’est-il pas notre Dieu toujours ?
Servons-le dans les jours prospères
Comme ils firent aux mauvais jours.
Et, vaillants comme ils surent l’être,
Nourris comme eux du pain des forts,
Donnons notre vie à ce Maître
Pour lequel nos aïeux sont mort.
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