Pour les dames
Qu'est-ce que c'est ?
Ce sont des boutons de fleur
d'un magnolia.
Quel magnolia ?
Il s'agit d'un magnolia à feuilles caduques,
plus précisément un Magnolia liliflora.
Voilà un tissu superbement ajusté.
Quelle est cette couleur ?
Rose ? Fuschia ? Parme ? Cramoisi ?
Quand les fleurs passeront,
le nouveau feuillage apparaîtra.
Dans mon jardin,
il y a aussi des Asphodèles.
Le nom est aussi beau que la fleur.
La plupart des asphodèles poussent
dans le bassin méditerranéen,
parfois dans le sable.
Dans l'Antiquité, on s'en servait
pour fleurir les tombes.
Victor Hugo la mentionne dans son beau poème
de la Légende des Siècles,
Booz endormi.
Les Plans (30), fin mars 2023
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(...)
Ainsi parlait Booz dans le rêve et l'extase,
Tournant vers Dieu ses yeux par le sommeil noyés ;
Le cèdre ne sent pas une rose à sa base,
Et lui ne sentait pas une femme à ses pieds.
Pendant qu'il sommeillait, Ruth, une moabite,
S'était couchée aux pieds de Booz, le sein nu,
Espérant on ne sait quel rayon inconnu,
Quand viendrait du réveil la lumière subite.
Booz ne savait point qu'une femme était là,
Et Ruth ne savait point ce que Dieu voulait d'elle.
Un frais parfum sortait des touffes d'asphodèle ;
Les souffles de la nuit flottaient sur Galgala.
L'ombre était nuptiale, auguste et solennelle ;
Les anges y volaient sans doute obscurément,
Car on voyait passer dans la nuit, par moment,
Quelque chose de bleu qui paraissait une aile.
La respiration de Booz qui dormait
Se mêlait au bruit sourd des ruisseaux sur la mousse.
On était dans le mois où la nature est douce,
Les collines ayant des lys sur leur sommet.
Ruth songeait et Booz dormait ; l'herbe était noire ;
Les grelots des troupeaux palpitaient vaguement ;
Une immense bonté tombait du firmament ;
C'était l'heure tranquille où les lions vont boire.
Tout reposait dans Ur et dans Jérimadeth ;
Les astres émaillaient le ciel profond et sombre ;
Le croissant fin et clair parmi ces fleurs de l'ombre
Brillait à l'occident, et Ruth se demandait,
Immobile, ouvrant l'oeil à moitié sous ses voiles,
Quel dieu, quel moissonneur de l'éternel été,
Avait, en s'en allant, négligemment jeté
Cette faucille d'or dans le champ des étoiles.
Victor HUGO, Booz endormi, La Légende des siècles. Extrait
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